Identification

Numero CAS

74223-64-6

Nom scientifique (FR)

Metsulfuron-méthyle

Code EC

-

Code SANDRE

1797

Numéro CIPAC

-

Formule chimique brute

\(\ce{ C14H15N5O6S }\)

Code SMILES

COC(=O)c1ccccc1S(=O)(=O)NC(=O)Nc2nc(OC)nc(C)n2

Classification CLP

Type de classification

Harmonisée

ATP insertion

CLP00/ATP01corr

Description de la classification

Classification harmonisée selon réglement 1272/2008 ou CLP

Mentions de danger
Mention du danger - Code H400
Mention du danger - Texte Très toxique pour les organismes aquatiques
Classe(s) de dangers Danger pour le milieu aquatique
Libellé UE du danger -
Mention du danger - Code H410
Mention du danger - Texte Très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets à long terme
Classe(s) de dangers Danger pour le milieu aquatique
Libellé UE du danger -
Limites de concentration spécifique -
Facteur M M=1000
Estimation de toxicité aigüe -
Fiche ECHA

Généralités

Poids moléculaire

381.37 g/mol

Tableau des paramètres

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Constante de Henry 1.4e-05 Pa
à 20°C
INERIS (2015) p.30
Coefficient de partage octanol/eau (Log Kow) -1.7 - Expérimentation FOOTPRINT
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Bibliographie

Matrices

Atmosphère

Milieu eau douce

VGE/NQE Importer

Volatilisation :

La volatilisation depuis les eaux de surface est un phénomène limité. (HSDB 2015)

Milieu eau de mer

Milieu sédiment eau douce

VGE/NQE Importer

Adsorption :

Le metsulfuron methyle s'adsorbe peu à pas du tout aux particules solides dans l'eau. (EFSA 2015)

Milieu sédiment marin

Milieu terrestre

Tableau des paramètres
Nom de valeur Valeur Température Pression Granulométrie Humidité Norme / Ligne directrice Méthode Commentaire Source
Coefficient de partage carbone organique/Eau (Koc) 39.5 L.kg-1 Expérimentation FOOTPRINT
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Persistance

Biodégradabilité

VGE/NQE Importer

Biodégradabilité :

Le metsulfuron méthyle n'est pas facilement biodégradable. Demi-vies mesurées entre 50,2 et 579 jours.

L'étude de la dégradation du metsulfuron methyl a été réalisée dans 4 systèmes eau-sédiment (pH 7,6 à 8,26). Le temps de demi-vie varie entre 50,2 jours et 579 jours. Les métabolites formés sont l'amine triazine (IN-A4098), le metsulfuron (IN-F5438) et le bis-O-demethylsulfuron-methyl IN-A4098. Ils dépassent 10% AR dans l'eau. Aucun métabolite majeur n'est retrouvé dans le sédiment.
(EFSA 2015)

Dégradabilité abiotique

VGE/NQE Importer

Hydrolyse :

Le metsulfuron méthyle s'hydrolyse à pH 4 mais reste stable pour un pH neutre. DT50 à pH7=77,4 j (EFSA 2015)

Photolyse :

La photolyse du metsulfuron méthyle dans l'eau est un phénomène négligeable en condition environnementales.

Demi vie = 30 j, stable (EFSA 2015US-EPA 1993)

Atmosphère

Milieu eau douce

Milieu eau de mer

Milieu sédiment eau douce

Milieu sédiment marin

Milieu terrestre

Conclusion sur la persistance

Bioaccumulation

Organismes aquatiques

Organismes terrestres

Organismes sédimentaires

Conclusion sur la bioaccumulation

VGE/NQE Importer

Bioaccumulation :

Le metsulfuron methyl se bioaccumule peu dans les organismes aquatiques. Les BCF vont de 1 à 17.

Un BCF de 17 est utilisé dans la détermination des normes de qualité.

En l'absence de BMF mesuré, le document guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) pour la dérivation des NQE recommande l'utilisation des valeurs par défaut suivantes pour ce qui est de la prise en compte de la bioamplification :

BMF1 = BMF2 = 1. (EFSA 2015HSDB 2015)

Introduction

Toxicocinétique

Equivalents biosurveillance

Toxicité aiguë

Toxicité à dose répétées

Effets généraux

Effets cancérigènes

Effets génotoxiques

Effets sur la reproduction

Effets sur le développement

Autres Effets

Valeurs accidentelles

Valeurs seuils de toxicité aigüe françaises

Autres seuils accidentels

Valeurs réglementaires

Valeurs guides

Valeurs de référence

Introduction

VGE/NQE Importer

Ce chapitre traite de la toxicité chronique induite par la substance sur l'homme soit via la consommation d'organismes aquatiques contaminés, soit via l'eau de boisson.

Pour l'évaluation des effets sur la santé humaine, seuls les résultats sur mammifères sont considérés comme pertinents. Contrairement à l'évaluation des effets pour les prédateurs, les effets de type cancérigène ou mutagène sont également pris en compte.

Dans les tableaux ci-dessous, ne sont reportés pour chaque type de test que les résultats permettant d'obtenir les NOEC ou la valeur toxicologique de référence (VTR) les plus protectrices. Compte tenu du mode d'exposition envisagée, seuls les tests sur mammifères exposés par voie orale (dans l'alimentation ou par gavage) ont été recherchés.

Toutes les données présentées ont été validées.

Les résultats de toxicité sont principalement donnés sous forme de doses journalières : NOAEL (No Observed Adverse Effect Level), ou LOAEL (Lowest Observed Adverse Effect Level). NOAEL et LOAEL sont exprimées en termes de quantité de substance administrée par unité de masse corporelle de l'animal testé, et par jour.

(1) Cette VTR a été déterminée par l'US EPA (1988).

(2) Cette VTR a été déterminée par la Commission Européenne (2000), reprise par l'ANSES (2010).

La Commission Européenne propose une ADI de 220 µg/kgcorporel/j pour une exposition chronique par voie orale au metsulfuron méthyle (E.C. 2000). Cette valeur a été reprise par l'ANSES (AGRITOX 2010).

Cette valeur repose sur une étude expérimentale de deux ans chez le rat, (citée dans le rapport US EPA, 1988), rapportée dans le tableau ci-dessus. Un NOAEL de 22 mg/kg pc/j a été retenu pour la diminution du poids corporel.

Facteurs d'incertitude : un facteur d'incertitude général de 100 est retenu. Ce facteur n'est pas détaillé mais semble prendre en compte les variations inter-et intra-espèces.

Calcul : 22 mg/kgcorporel/j x 1 / 100 = 0,22 mg/kgcorporel/j, soit 220 µg/kgcorporel/j.

L'US EPA, propose une RfD de 250 µg/kgcorporel/j pour une exposition chronique par voie orale au metsulfuron méthyle (US EPA (IRIS) 1988).

A partir de la même étude l'US EPA retient un NOEL de 250 mg/kg pc/j.Facteurs d'incertitude : un facteur d'incertitude de 100 est correspond à facteur 10 pour tenir compte des variations inter-espèces et un facteur 10 pour tenir compte des variations intra-espèces.

Calcul : 250 mg/kgcorporel/j x 1 / 1 00 = 0,25 mg/kgcorporel/j, soit 250 µg/kgcorporel/j.

Indice de confiance : L'US EPA attribue un indice de confiance élevé dans l'étude, la base de données et dans la valeur.

Trois VTR sont disponibles pour des expositions chroniques au metsulfuron méthyle une de la Commission Européenne (EC) (2000), reprise par l'ANSES (2010), et une de l'US-EPA (1988).

Ces deux valeurs sont construites à partir d'une même étude expérimentale de cancérogenèse chez le rat. Dans son évaluation, l'US EPA indique que l'étude est de bonne qualité. En l'absence d'effet adverse, la diminution de poids corporel a été retenue. L'effet critique est recevable bien que protecteur. Les valeurs retenues par les deux organismes sont presque identiques (22 versus 25 mg/kg pc/j). Le choix des facteurs d'incertitude est identique pour les deux valeurs : il est adapté. Les deux valeurs sont recevables ; c'est la valeur de l'union européenne qui sera retenue.

Valeurs de l'ANSES et/ou de l'INERIS

Autres valeurs des organismes reconnus

Introduction

VGE/NQE Importer

Evaluations existantes :

Fiche d'information sur le metsulfuron methyl (AGRITOX

2010)
Commission working document. Review report for the active substance metsulfuron-methyl (E.C. 2000, EFSA 2015)

Effets endocriniens :

Le metsulfuron methyl n'est pas cité dans la stratégie communautaire concernant les perturbateurs endocriniens (E.C. 2004) ni dans le rapport d'étude de la DG ENV sur la mise à jour de la liste prioritaire des perturbateurs endocriniens à faible tonnage (Petersen et al. 2007).

Critères PBT / POP :

La substance n'est pas citée dans les listes PBT/vPvB1

  • (C.E. 2006) ou POP2 (PNUE 2001).

Normes de qualité existantes :

Il n'a pas été trouvé pas de norme de qualité existante

(ETOX 2007)3

Substance(s) associée(s) :

La dégradation du metsulfuron methyl dans les eaux de surface entraine la formation de métabolites. Les principaux sont : IN-A4098, IN-B5067, IN-F5438, INJX909, IN-V7160, IN-NC148, IN-D5803, and IN-

00581 (EFSA 2015).

Dangers

Description

VGE/NQE Importer

Dans les tableaux ci-dessous, sont reportés pour chaque taxon, les résultats des tests d'écotoxicité trouvés pour la substance étudiée.

Ces résultats d'écotoxicité sont principalement exprimés sous forme de NOEC (No Observed Effect Concentration), concentration sans effet observé, d'EC10 concentration produisant 10% d'effets et équivalente à la NOEC, ou de EC50, concentration produisant 50% d'effets. Les NOEC sont principalement rattachées à des tests chroniques, qui mesurent l'apparition d'effets sub-létaux à long terme, alors que les EC50 sont plutôt utilisées pour caractériser les effets à court terme.

Le metsulfuron methyl s'hydrolyse en milieu acide (pH 4) mais reste stable à des pH neutres et alcalins (EFSA 2015). Cette substance ne s'hydrolyse pas en milieu environnemental, la spéciation de celle-ci n'est donc pas un critère vis-à-vis de la pertinence des essais d'écotoxicité disponibles à moins qu'ils n'aient été réalisés à des pH relativement acides.

[4] Mélange commercial de composition inconnue

[5] Mélange commercial de composition inconnue

[6] Mélange commercial à 60%

[7] Mélange commercial à 60%

[8] Mélange commercial à 60%

[9] Mélange commercial à 50%

Valeurs de danger

Valeurs de danger
Nom Espèce Valeur Niveau trophique Taxon Matrice Stade de vie Effet Effet détaillé Durée d'exposition Méthode Norme / Ligne directrice Commentaire Source
CL/CE50 Lemna minor 0.0004 mg.L-1 Algue INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Lemna minor 0.0004 mg.L-1 Algue INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Lemna minor 0.0004 mg.L-1 Algue INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Lemna minor 0.0004 mg.L-1 Algue INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Daphnia magna 43.1 mg.L-1 Invertebré INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Daphnia magna 43.1 mg.L-1 Invertebré INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Poecilia reticulata >100 mg.L-1 Poisson INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Oncorhynchus mykiss >113 mg.L-1 Poisson INERIS (2015) p.30
CL/CE50 Skeletonema costatum >0.0936 mg.L-1 Algue INERIS (2015) p.30
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Synthèse

Biote

VGE/NQE Importer

Ce chapitre traite de la toxicité chronique induite par la substance sur les prédateurs via la consommation d'organismes aquatiques contaminés (appelés biote, i.e. poissons ou invertébrés vivant dans la colonne d'eau ou dans les sédiments). Il s'agit donc d'évaluer la toxicité chronique de la substance par la voie d'exposition orale uniquement.

Dans les tableaux ci-dessous, ne sont reportés pour chaque type de test que les résultats permettant d'obtenir les NOEC ou la valeur toxicologique de référence (VTR) les plus protectrices. N'ont été recherchés que des tests sur mammifères ou oiseaux exposés par voie orale (exposition par l'alimentation ou par gavage). Toutes les données présentées ont été validées.

Les résultats de toxicité sont principalement donnés sous forme de doses journalières : NOAEL (No Observed Adverse Effect Level), ou LOAEL (Lowest Observed Adverse Effect Level). NOAEL et LOAEL sont exprimées en termes de quantité de substance administrée par unité de masse corporelle de l'animal testé, et par jour.

Pour calculer la norme de qualité liée à l'empoisonnement secondaire des prédateurs, il est nécessaire de connaître la concentration de substance dans le biote n'induisant pas d'effets observés pour les prédateurs (exprimée sous forme de NOEC). Il est possible de déduire une NOEC à partir d'une NOAEL grâce à des facteurs de conversion empiriques variables selon les espèces testées. Les

facteurs utilisés ici sont ceux recommandés par le guide technique européen pour la détermination de normes de qualité (E.C. 2011). Les valeurs de ces facteurs de conversion dépendent de la masse corporelle des animaux et de leur consommation journalière de nourriture. Celles-ci peuvent donc varier d'une façon importante selon le niveau d'activité et le métabolisme de l'animal, la valeur nutritive de sa nourriture, etc. En particulier elles peuvent être très différentes entre un animal élevé en laboratoire et un animal sauvage.

Afin de couvrir ces sources de variabilité, mais aussi pour tenir compte des autres sources de variabilité ou d'incertitude (variabilité inter et intra-espèces, extrapolation du court terme au long terme, etc.) des facteurs d'extrapolation sont nécessaires pour le calcul de la QSbiota sec pois. Les valeurs recommandées pour ces facteurs d'extrapolation sont données dans le guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011). Un facteur d'extrapolation supplémentaire (AFdose-réponse) est utilisé dans le cas où la toxicité a été établie à partir d'une LOAEL plutôt que d'une NOAEL.

Deux études chroniques ont été identifiées, aucun effet adverse n'a été observé, seule une diminution du poids corporel est mesurée à la dose la plus élevée chez le rat. Cette étude a été retenue pour l'élaboration des VTR. (citée dans le rapport US EPA (IRIS) 1988). Dans cette étude, un NOEL de 25 mg/kg pc/j, soit une NOEC de 500 mg.kg-1biota,

Concernant les études sur la reproduction, les études disponibles (une étude sur deux générations et une étude de développement chez le rat) sont peu décrites, aucun effet n'est observé au niveau retenu pour les effets chroniques.

Concernant les études réalisées sur les oiseaux, aucun effet n'est observé aux concentrations maximales testées.

Les données obtenues sur les mammifères terrestres et les oiseaux, utilisées pour la détermination des valeurs guides pour la protection des prédateurs vis-à-vis de l’empoisonnement secondaire, sont répertoriées dans les tableaux ci-dessous.

Valeurs écotoxicologiques

Introduction

Dans cette rubrique, sont reportées des valeurs de référence pour la protection des écosystèmes aquatiques et de la santé humaine via l’environnement.

Dans cette rubrique, sont reportées des valeurs de référence pour la protection des écosystèmes aquatiques et de la santé humaine via l’environnement.

Elles peuvent avoir un statut de « Valeur réglementaire » si elles sont issues

  1. de réglementations européennes et issues par exemple de dossiers d’évaluation des risques dans le cadre de processus d’autorisation de mise sur le marché des substances chimiques (c’est le cas des Concentrations Prédites Sans Effet pour l’environnement (PNEC) issues des dossiers réglementaires sous REACh ou dans le cas de la réglementation des produits biocides) ou issues de « Normes de Qualité Environnementale » (NQE) de la Directive Cadre européenne sur l’Eau (DCE) ;
  2. de réglementations françaises telles que les arrêtés de mise en application de la DCE à l’échelle nationale.

Elles peuvent être des « Valeurs guides » lorsque ce sont des propositions scientifiques de l’INERIS qui ne sont pas reportées dans des textes réglementaires. C’est le cas de toutes les valeurs établies par l’INERIS pour guider l’évaluation de la qualité des milieux aquatiques pour les substances qui n’ont pas, ou pas encore, un statut réglementaire dans le contexte de la DCE.
Les « Valeurs Guides Environnementales » (VGE) et les « Normes de Qualité Environnementale » (NQE) sont les outils consacrés pour l’évaluation de la qualité des eaux de surface, dont l’établissement est basé sur une même méthodologie européenne dédiée (E.C., 2018).
Leur construction, d’un point de vue méthodologique, est donc similaire.

Valeurs guides

Description

VGE/NQE Importer

Les normes de qualité pour les organismes de la colonne d'eau sont calculées conformément aux recommandations du guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011). Elles sont obtenues en divisant la plus faible valeur de NOEC ou d'EC50 valide par un facteur d'extrapolation (AF, Assessment Factor).

La valeur de ce facteur d'extrapolation dépend du nombre et du type de tests pour lesquels des résultats valides sont disponibles. Les règles détaillées pour le choix des facteurs sont données dans le guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011).

En ce qui concerne les organismes marins, selon le guide technique pour la détermination de normes de qualité environnementales (E.C. 2011), la sensibilité des espèces marines à la toxicité des substances organiques peut être considérée comme équivalente à celle des espèces dulçaquicoles, à moins qu'une différence ne soit montrée.

Le jeu de données disponible pour le metsulfuron methyle ne permet pas de mettre en évidence une différence de sensibilité entre les espèces marines et d'eau douce. Les données d'écotoxicité sur espèce marine et d'eau douce sont donc considérées ensemble.

Moyenne annuelle (AA-QSwater_eco et AA-QSmarine_eco) :

Une concentration annuelle moyenne est déterminée pour protéger les organismes de la colonne d'eau d'une possible exposition prolongée.

Pour le metsulfuron methyl, on dispose de données d'écotoxicité aigues et chroniques valides pour les 3 niveaux trophiques. Le jeu de données montre une différence significative de la sensibilité des espèces lors des essais à court terme et long termes avec une forte sensibilité chez les algues et les plantes aquatiques, ce qui est en accord avec le mode d'action attendu de la substance.

L'essai validé le plus sensible est un essai de 7 jours réalisé sur la plante aquatique Lemna gibba (NOEC=0,00025 mg.L-1, dénombrement des frondes). Pour calculer l'AA-QSwater-eco, un facteur d'extrapolation de 10 est appliqué à cette NOEC conformément au guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011). L'INERIS propose donc la valeur suivante :

[10] Mélange commercial à 60%

En ce qui concerne les organismes marins, l'absence de donnée ne permet pas de savoir si il existe une différence de sensibilité entre les espèces marines et dulçaquicoles. Pour le milieu marin, le facteur d'extrapolation appliqué doit prendre en compte les incertitudes additionnelles telles que la sous-représentation des taxons clés et une diversité d'espèces plus importante. Par conséquent et conformément au guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) un facteur d'extrapolation de 100 s'applique sur la NOEC obtenue lors de l'essai sur Lemna gibba pour déterminer la AA-QSmarine_eco. L'INERIS propose donc la valeur suivante :

  • Concentration Maximum Acceptable (MAC et MACmarine)

La concentration maximale acceptable est calculée afin de protéger les organismes de la colonne d'eau de possibles effets de pics de concentrations de courtes durées (E.C. 2011).

Pour le metsulfuron méthyle, on dispose de d'écotoxicité aiguës valides pour les trois niveaux trophiques. Le mode d'action de la substance est bien connu et des essais sur les taxons les plus sensibles existent.

Une analyse statistique de la distribution des espèces a été réalisée sur l'ensemble de ces données. N'ont été retenues qu'une seule donnée par espèce, celle correspondant au critère d'effet le plus sensible. Si plusieurs données sont disponibles pour ce critère d'effet (et pour une même durée d'exposition), une moyenne est réalisée. Les EC50 cadrées (EC50 > 2mg.L-1 par exemple) ne sont retenues pour une espèce que si il n'en existe pas d'autre valide disponible.

Il existe 11 données valides réparties sur 3 taxons espèces d'eau douce et une espèce marine.
La distribution est présentée à la Figure 1.

Figure 1 Distribution statistique de la sensibilité des organismes aquatiques.

Les données suivent bien une distribution normale (test d'Anderson-Darling et de Kolmogorov-Smirnov). La répartition des données indique une forte sensibilité des algues et des plantes aquatiques. Il est donc pertinent de réaliser une SSD sur le taxon des algues et des plantes aquatiques.

Il existe 7 données valides obtenues sur des espèces d'algues et de plantes aquatiques. La distribution statistique de la sensibilité de ces espèces est présentée à la Figure 2.

Figure 2 Distribution statistique de la sensibilité des algues et des plantes aquatiques.

Les données suivent bien une distribution normale (test d'Anderson-Darling et de Kolmogorov-Smirnov), la HC5 obtenue est égale à 0,0007 mg.L-1 (5,5.10-7 • 0.025 mg.L-1).

Normalement, le jeu de donnée n'est pas assez complet pour pouvoir dériver une MAC. Le guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) précise en effet les différents critères requis et par exemple, la donnée d'écotoxicité obtenue sur un insecte n'est pas disponible. De plus 10 données sur le taxon sensible (ici algue et plantes aquatiques) sont nécessaires pour réaliser une SSD sur un groupe d'espèces précis. Toutefois, le nombre et la répartition des données sont suffisamment encourageants pour que l'INERIS décide de calculer la MAC en appliquant un facteur d'extrapolation de 10 sur la HC5 obtenue. L'INERIS propose donc la valeur suivante :

En ce qui concerne les organismes marins, l'absence de donnée ne permet de savoir s'il existe une différence de sensibilité entre les espèces marines et dulçaquicoles. Pour le milieu marin, le facteur

d'extrapolation appliqué au HC5 doit prendre en compte les incertitudes additionnelles telles que la sous-représentation des taxons clés et une diversité d'espèces plus importante. Par conséquent et conformément au guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) un facteur d'extrapolation de 100 s'applique à la HC5. L'INERIS propose donc la valeur suivante :

La norme de qualité pour l'empoisonnement secondaire (QSbiota sec pois) est calculée conformément aux recommandations du guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011). Elle est obtenue en divisant la plus faible valeur de NOEC valide par les facteurs d'extrapolation recommandés (E.C. 2011).

Pour le metsulfuron methyle, la NOEC retenue pour la détermination de la QSbiota sec pois est celle de 500 mg.kg-1biota obtenue lors d'un essai sur la reproduction chez le rat. Un facteur de 30 est appliqué conformément aux recommandations du guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale. On obtient donc :

Cette valeur de norme de qualité pour l'empoisonnement secondaire peut être ramenée :

  • à une concentration dans l'eau douce selon la formule suivante :
  • à une concentration dans l'eau marine selon la formule suivante :

Avec :
BCF : facteur de bioconcentration,

1 BMF: facteur de bioamplification,
2 BMF: facteur de bioamplification additionnel pour les organismes marins.

Ce calcul tient compte du fait que la substance présente dans l'eau du milieu peut se bioaccumuler dans le biote. Il donne la concentration à ne pas dépasser dans l'eau afin de respecter la valeur de la norme de qualité pour l'empoisonnement secondaire déterminée dans le biote.

La bioaccumulation tient compte à la fois du facteur de bioconcentration (BCF, ratio entre la concentration dans le biote et la concentration dans l'eau) et du facteur de bioamplification (BMF, ratio entre la concentration dans l'organisme du prédateur en bout de chaîne alimentaire, et la concentration dans l'organisme de la proie au début de la chaîne alimentaire). En l'absence de valeurs mesurées pour le BMF, celles-ci peuvent être estimées à partir du BCF selon le tableau 4-6, page 123, du guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011).

Ce calcul n'est donné qu'à titre indicatif. Il fait en effet l'hypothèse qu'un équilibre a été atteint entre l'eau et le biote, ce qui n'est pas véritablement réaliste dans les conditions du milieu naturel. Par ailleurs il repose sur un facteur de bioaccumulation qui peut varier de façon importante entre les espèces considérées.

Pour le metsulfuron methyle, un BCF de 17 et un BMF1 = BMF2 de 1 (cf.E.C. 2011) ont été retenus. On a donc :

QSmarin_sp = 16600 [µg.kg-1biota] / (17 * 1 * 1) = 976 µg.L-1

La norme de qualité pour la santé humaine est calculée de la façon suivante (E.C. 2011) :

Ce calcul tient compte de :

  • un facteur correctif de 10% (soit 0,1) : la VTR donnée ne tient compte en effet que d'une exposition par voie orale, et pour la consommation de produits de la pêche uniquement. Mais la contamination peut aussi se faire par la consommation d'autres sources de nourriture, par la consommation d'eau, et d'autres voies d'exposition sont possibles (inhalation ou contact cutané). Le facteur correctif de 10% (soit 0,1) permet de rendre l'objectif de qualité plus sévère d'un facteur 10 afin de tenir compte de ces autres sources de contamination possibles.
  • la valeur toxicologique de référence (VTR), correspondant à une dose totale admissible par jour ; pour cette substance elle sera considérée égale à 220 µg/kgcorporel/j (cf. tableau ci-dessus),
  • un poids corporel moyen de 70 kg,
  • facteur de sécurité supplémentaire pour tenir compte des potentiels effets CMR ou de perturbation endocrine de la substance. Le metsulfuron methyl ne présentant aucune de ces propriétés, le facteur de sécurité est fixé à 1.
  • Cons. Journ. Moy : une consommation journalière moyenne de produits de la pêche (poissons, mollusques, crustacés) égale à 115 g par jour.

Ce calcul n'est donné qu'à titre indicatif. Il peut être inadapté pour couvrir les risques pour les individus plus sensibles ou plus vulnérables (masse corporelle plus faible, forte consommation de produits de la pêche, voies d'exposition individuelles particulières). Le facteur correctif de 10% n'est donné que par défaut, car la contribution des différentes voies d'exposition varie selon les propriétés de la substance (et en particulier sa distribution entre les différents compartiments de l'environnement), ainsi que selon les populations considérées (travailleurs exposés, exposition pour les consommateurs/utilisateurs, exposition via l'environnement uniquement). L'hypothèse cependant que la consommation des produits de la pêche ne représente pas plus de 10% des apports journaliers contribuant à la dose journalière tolérable apporte une certaine marge de sécurité (E.C. 2011).

Pour le metsulfuron methyle, le calcul aboutit à :

Comme pour l'empoisonnement secondaire, la concentration correspondante dans l'eau du milieu peut être estimée en tenant compte de la bioaccumulation de la substance :

  • à une concentration dans l'eau douce selon la formule suivante :
  • à une concentration dans l'eau marine selon la formule suivante :

Pour le metsulfuron methyle, on obtient donc :

QSmarine_hh food = 13391 / (17 * 1 * 1) = 787,7 µg.L-1

En principe, lorsque des normes de qualité dans l'eau de boisson existent, soit dans la Directive 98/83/CE (C.E. 1998), soit déterminées par l'OMS, elles peuvent être adoptées. Les valeurs réglementaires de la Directive 98/83/CE doivent être privilégiées par rapport aux valeurs de l'OMS qui ne sont que de simples recommandations.

Il faut signaler que ces normes réglementaires ne sont pas nécessairement établies sur la base de critères (éco)toxicologiques (par exemple les normes pour les pesticides avaient été établies par rapport à la limite de quantification analytique de l'époque pour ce type de substance, soit 0,1 µg.L-1). Pour le metsulfuron methyle, la Directive 98/83/CE fixe une valeur de 0,1 µg.L-1.

A titre de comparaison, la valeur seuil provisoire pour l'eau de boisson est calculée de la façon suivante (E.C. 2011):

Ce calcul tient compte de :

  • la valeur toxicologique de référence (VTR), correspondant à une dose totale admissible par jour ; pour cette substance elle sera considérée égale à 220 µg/kgcorporel/j (cf. tableau ci-dessus),
    • Cons.moy.eau [L.j-1] : une consommation d'eau moyenne de 2 L par jour,
    • un poids corporel moyen de 70 kg,
  • un facteur correctif de 10% (soit 0,1) afin de tenir compte de ces autres sources de contamination possibles.
  • Fsécurité : facteur de sécurité supplémentaire pour tenir compte des potentiels effets CMR ou de perturbation endocrine de la substance. Le metsulfuron methyl ne présentant aucune de ces propriétés, le facteur de sécurité est fixé à 1.

L'eau de boisson est obtenue à partir de l'eau brute du milieu après traitement pour la rendre potable. La fraction éliminée lors du traitement dépend de la technologie utilisée ainsi que des propriétés de la substance.

Ainsi, la norme de qualité correspondante dans l'eau brute se calcule de la manière suivante :

En l'absence d'information, on considèrera que la fraction éliminée est nulle et le critère pour l'eau de boisson s'appliquera alors à l'eau brute du milieu. Par ailleurs, on rappellera que ce calcul n'est donné qu'à titre indicatif et peut s'avérer inadéquat pour certaines substances et certaines populations.

Pour le metsulfuron methyl, on obtient :

La valeur la plus protectrice, fixée par la directive 98/83/CE est proposée comme norme de qualité pour l'eau destinée à la production d'eau potable.

Valeurs guides
Nom Valeur Matrice Cible Effet critique retenu Durée d'exposition Facteur Commentaire Etat du statut Valeur retenue par l'INERIS Année Source
PNEC chronique / AA-QSwater_eco 2.5e-05 mg.L-1 Eau douce 10
extrapolation
Oui 2015 INERIS (2015) p.30
PNEC chronique / AA-QSwater_eco 2.5e-06 mg.L-1 Eau marine 100
extrapolation
Oui 2015 INERIS (2015) p.30
Valeur guide eau 0.025 µg.L-1 Eau douce Oui 2015 INERIS (2015) p.30
Valeur guide eau 0.002 µg.L-1 Eau marine Oui 2015 INERIS (2015) p.30
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Synthèse

VGE/NQE Importer

Un seuil de qualité dans le sédiment est nécessaire (i) pour protéger les espèces benthiques et (ii) protéger les autres organismes d'un risque d'empoisonnement secondaire résultant de la consommation de proies provenant du benthos. Les principaux rôles des normes de qualité pour les sédiments sont de :

  1. Identifier les sites soumis à un risque de détérioration chimique (la norme sédiment est dépassée)
  2. Déclencher des études pour l'évaluation qui peuvent conduire à des études plus poussées et potentiellement à des programmes de mesures
  3. Identifier des tendances à long terme de la qualité environnementale (Art. 4 Directive 2000/60/CE).

Aucune information d'écotoxicité pour les organismes benthiques n'a été trouvée dans la littérature pour les organismes aquatiques.

A défaut, une valeur guide pour le sédiment peut être calculée à partir du modèle de l'équilibre de partage.

Ce modèle suppose que :

  • il existe un équilibre entre la fraction de substances adsorbées sur les particules sédimentaires et la fraction de substances dissoutes dans l'eau interstitielle du sédiment,
  • la fraction de substances adsorbées sur les particules sédimentaires n'est pas biodisponible pour les organismes et que seule la fraction de substances dissoutes dans l'eau interstitielle est susceptible d'impacter les organismes,
  • la sensibilité intrinsèque des organismes benthiques aux toxiques est équivalente à celle des organismes vivant dans la colonne d'eau. Ainsi, la norme de qualité pour la colonne d'eau peut être utilisée pour définir la concentration à ne pas dépasser dans l'eau interstitielle.

Une valeur guide de qualité pour le sédiment peut être alors calculée selon l'équation suivante (E.C. 2011) :

RHOsed : masse volumique du sédiment en [Kgsed.m-3sed]. En l'absence d'une valeur exacte, la valeur générique proposée par le document guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) est utilisée : 1300 kg.m-3 .

Ksed-eau : coefficient de partage sédiment/eau en m3/m3 . En l'absence d'une valeur exacte, les valeurs génériques proposées par le guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) sont utilisées. Le coefficient est alors calculé selon la formule suivante : 0,8 + 0,025 * Koc soit Ksed-eau = 1,78 m3/m3

Pour le metsulfuron methyle, on obtient :

La concentration correspondante en poids sec peut être estimée en tenant compte du facteur de conversion suivant :

Avec

Fsolidesed : fraction volumique en solide dans les sédiments en [m3solide/m3susp]. En l'absence d'une valeur exacte, la valeur générique proposée par le document guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) est utilisée : 0,2 m3/m3 .

RHOsolide : masse volumique de la partie sèche en [kgsolide/m3solide]. En l'absence d'une valeur exacte, la valeur générique proposée par le document guide technique européen pour la détermination des normes de qualité environnementale (E.C. 2011) est utilisée : 2500 kg.m-3 .

Pour le metsulfuron methyle, la concentration correspondante en poids sec est :

Selon la même approche que pour le sédiment d'eau douce, une valeur guide de qualité pour le sédiment marin peut être calculée selon la formule suivante :

Pour le metsulfuron methyle, on obtient :

QSsed-marin wet weight = 0,003 µg.kg-1poids humide

La concentration correspondante en poids sec est alors la suivante: QSsed-marin dry weight = 0,007 µg.kg-1sed poids sec

Le log Kow de la substance étant inférieur à 5, un facteur additionnel de 10 n'est pas jugé nécessaire.

Il faut rappeler que les incertitudes liées à l'application du modèle de l'équilibre de partage sont importantes. Les sédiments naturels peuvent avoir des propriétés très variables en termes de composition (nature et quantité de matières organiques, composition minéralogique), de granulométrie, de conditions physico-chimiques, de conditions dynamiques (taux de déposition/taux de resuspension). Par ailleurs ces propriétés peuvent évoluer dans le temps en fonction notamment des conditions météorologiques et de la morphologie de la masse d'eau. Si bien que le partage entre la fraction de substance adsorbée et la fraction de substance dissoute peut être extrêmement variable d'un sédiment à un autre et l'hypothèse d'un équilibre entre ces deux fractions ne semble pas très réaliste pour des conditions naturelles.

Par ailleurs, certains organismes benthiques peuvent ingérer les particules sédimentaires, et donc être contaminés par la fraction de substance adsorbée sur ces particules, ce qui n'est pas pris en compte par la méthode.

en œuvre d'un seuil pour le sédiment n'est pas recommandée par le
document

guide technique européen pour la

détermination des

normes de qualité environnementale (E.C. 2011).

Elle est définie à partir de la valeur la plus protectrice parmi tous les compartiments étudiés.

Pour le metsulfuron methyl, la norme de qualité pour les organismes aquatiques est la valeur la plus protectrice pour l'ensemble des approches considérées.

VALEURS GUIDES POUR LES ORGANISMES BENTHIQUES

Avec un Koc de 39,5 L.kg-1 et un log Kow d'environ -2 à pH 7, la mise en œuvre d'un seuil pour le sédiment n'est pas recommandée par le guide européen (E.C. 2011).

Valeurs réglementaires

Valeurs réglementaires
Nom Valeur Matrice Cible Effet critique retenu Durée d'exposition Facteur Commentaire Etat du statut Valeur retenue par l'INERIS Année Source
MAC 0.07 µg.L-1 Eau douce Oui 2015 INERIS (2015) p.30
MAC 0.007 µg.L-1 Eau marine Oui 2015 INERIS (2015) p.30
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Bibliographie

Documents

PDF
74223-64-6 -- Metsulfuron-méthyle -- VGE
Publié le 13/01/2016